Les news Kugler
Broadcasting - Who’s listening ? La presque fin de la FM
Après l’arrêt de ses émetteurs FM le 31 décembre 2024, la SSR fait face à un revirement
politique qui prolonge la FM pour les radios privées jusqu’en 2026 au moins et rouvre, sans
échéance claire, la question d’un retour du service public sur la bande FM.
Cette « fin », qui s’avère finalement avortée, marque aussi la disparition annoncée d’un uni-
vers sonore fait de grésillements, de sifflements et de souffle - expériences
indissociables de l’écoute et de la manipulation d’un poste de radio analogique.
À cette occasion, Konnekt a rassemblé une série d’artistes explorant la radio - comme ma-
chine sonore autant que comme médium - les détournant, les transformant et les
« hackant » à travers des performance et installations sonores, révélant la force
évocatrice d’un temps révolu.
Samedi 21.02 Vernissage
18h00 Soupe et vin bio - inauguration des installations
19h30 Performances de Gabriel Scotti
Dimanche 22.02
Simon Whetham, activation de l’installation
Mardi 24.02 de 13h30-16h30 à La Maco - Ch. des Sports 87
Simon Whetham Kinetic Workshop - Atelier de hacking sonore, inscription conseillée
Mardi 24.02 Mercredi 25.02 et jeudi 26.02
14h - 18h Exposition ouverte
Vendredi 27.02
19h30 Tim Shaw, performance
Samedi 28.02 Finissage
14h et 16h Sound Walk de Tim Shaw - inscriptions par mail
19h30 Performances de Blablablor et Gabriel Scotti
21, 27 et 28.02 - prix conseillé 10.- Exposition - entrée libre
Gabriel Scotti - installations avec Nicolas Fournier et performances,
Simon Whetham - installations évolutives et workshop
Tim Shaw - Sound Walks et performance
Annette Schmucki & Reto Friedmann «Blablablor» - installations et performances
Infos et inscriptions:

Apophänies _ Sonic Matter // Ensemble Vortex
FONDERIE KUGLER
Samedi 14 février à 20h30
Ensemble Vortex
Apophänies _ Sonic Matter
Entrée CHF 15.-
Cinq œuvres, cinq manières d’écouter : une traversée immersive entre apophénie, machines, corps et frissons sensoriels, révélant les glissements de la perception.
Ce concert inaugural de la Saison26 nous plongera dans les zones troubles de la perception, entre ce que nous croyons voir, entendre ou comprendre, et ce que les œuvres nous imposent comme friction, glissement. 5 pièces, 5 régimes d’écoute qui forment une traversée où le corps humain, la machine, l’image et les frissons sensoriels se confondent.
- Dans Apophänie, le compositeur Rama Gottfried explore ce que la psychologie nomme l’apophénie, soit cette tendance à discerner des motifs ou du sens dans des données aléatoires. Ce phénomène sert dans la pièce de socle à une dramaturgie où micro-gestes scéniques, projections vidéo et micro-organismes artificiels entrent en dialogue. Un théâtre à la fois biologique et technologique, vivant mais instable, se déploie en temps réel, activé par les interprètes. Derrière des vignettes semi-abstraites émerge une narration fragile, révélant un réseau d’interactions cachées sous la surface.
- Desplazados de Daniel Zea interroge quant à lui les formes contemporaines de déplacement et d’aliénation à travers un dispositif scénique saisissant : des couvertures de survie y deviennent instruments, surfaces sonores et symboles. Tremblements, masses liquides, visages filmés en direct, chaleur contrôlée… L’œuvre tisse une musique de la fragilité, hantée par la figure du migrant autant que par celle d’une société occidentale en voie de désintégration. Loin du pathos, elle propose une expérience corporelle et collective de tension, de saturation et de perte de contact.
- Avec Audible Survie Méditative Rasante (ASMR), la compositrice Romane Bouffioux détourne un phénomène populaire en terrain d’exploration musicale. Inspirée par les vidéos ASMR (autonomous sensory meridian response) qui inondent les plateformes en ligne depuis la fin des années 2000, cette pièce oscille entre méditation guidée, massage sonore et trouble des sens. Jeux de rôles, chuchotements, objets détournés, frôlements amplifiés : tout un univers de stimulations ambiguës est ici transposé dans le cadre du concert. Ce qui pourrait sembler anecdotique devient une expérience tactile et immersive entre euphorie douce, tension flottante et ironie sous-jacente.
- La pièce Sottilissime d’Anna Korsun poursuit cette tension sensorielle et brouille les rôles : les instrumentistes deviennent chanteurs, les voix se fondent dans les timbres et la musique s’étire comme un souffle suspendu. La spatialisation et l’absence de contact visuel entre les musiciens amplifient la sensation d’une écoute intérieure, d’un tissage fragile entre l’humain.
- Tourette de Eva Reiter introduit une tension nerveuse et mécanique entre l’humain et la machine. Pour flûte Paetzold contrebasse et bande, la pièce débute comme un système cohérent, avant de se dérégler et d’exploser en spasmes imprévisibles. L’instrumentiste et la bande se contraignent mutuellement dans un échange où les ruptures rythmiques et les tics sonores deviennent le cœur du discours, comme des tentatives d’échappée au système. Ces impulsions, loin d’être des erreurs, redéfinissent une autre forme de liberté instable, compulsive, mais nécessaire. Une soirée d’écoutes déplacées, où les frontières entre perception intime, corporéité publique et illusions acoustiques se brouillent, pour mieux révéler ce que l’oreille croit – ou veut – entendre.

LE RIRE, LE DÉSIR ET LA FÊTE CONTRE LA MORT
ESPACE KUGLER GALLERY
Exposition du 12 au 22 février 2026
LE RIRE, LE DÉSIR ET LA FÊTE CONTRE LA MORT
Véronique Déthiollaz (dessins) et Guy Schibler (photographies)
Vernissage : mercredi 11 février dès 18 h
Ouverture du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h
et sur rendez-vous (076.415.11.83 ou 076.416.11.83)
Finissage : dimanche 22 février dès 17 h
Présentation de l’exposition par V. Déthiollaz et G. Schibler : dimanche 15 février à 15 h
Lectures par Caroline Gasser, suivies d’un goûter de finissage : dimanche 22 février à 16 h
Face à la fatalité de sa fin, l’être humain n’a jamais cessé d’adopter des attitudes de défi et de provocation. Parmi celles-ci, le rire, l’érotisme et la fête occupent une place singulière. Le premier désamorce la violence de la mort en la tournant en ridicule ; le second exalte son contraire, la vie, en célébrant l’énergie et la puissance joyeuse du corps — fût-ce en le figeant en pierres de chair ; la troisième suspend les règles et les rythmes du quotidien et s’autorise des excès aux allures de bravade.
L’exposition explore ainsi trois manières de résister à l’angoisse du trépas : des dessins ironiques qui jouent de la dérision - squelettes grotesques, faucheuses humiliées -, des photographies de cimetières où s’exprime la sensualité de sculptures funéraires d’une féminité souvent provocante, et des dessins encore, où la fête et ses couleurs nous font oublier pour un temps la finitude de notre condition.
Dans les trois cas, une même nécessité se révèle : refuser la douleur, la disparition, l’oubli. Car rire, désirer, faire la fête sont, depuis toujours, des formes essentielles de l’affirmation de la vie.
Diplômée de l’ESAV (actuelle HEAD) en 1985, Véronique Déthiollaz a enseigné les arts plastiques pendant 40 ans et se consacre désormais entièrement à sa pratique artistique. Elle dessine. Le plus souvent au crayon graphite et quelquefois au pastel, à l’encre. Elle raconte un monde qui la hante, réel, fantasmé, délité. [www.veroniquedethiollaz.ch]
Guy Schibler a été cinéaste, puis professeur de philosophie et de cinéma, avant de se consacrer dès 2007 à la photographie (à sa pratique et à sa théorie). Ses intérêts vont tout naturellement vers les interfaces photographie-philosophie et photographie-cinéma. Sa production se décline en séries. [www.guyschibler.ch]







